Rompre avec la dépendance au Marécage de la honte
Titre original : Breaking Swamp addiction, from Tristan Girdwood
L’article qui suit est ma tentative d’ajouter un peu de miettes de pain à l’ensemble du travail recherché et enregistré par Devin pour briser le schéma de la dépendance au marécage de la honte (traduction à venir). Au cours de mon voyage pour briser le schéma de ma dépendance autodestructrice au marécage, j’ai eu une équipe extraordinaire à mes côtés, 17 personnes du monde entier qui ont accepté que je les appelle à tout moment pour que je puisse me connecter dès que je sentais un début d’entrée dans le marécage. Je prenais mon téléphone, avec une peur bleue à chaque fois, sachant que quelqu’un répondrait si je commençais à les appeler un par un, et sachant que je commençais à entrer dans une sorte de marécage, même si souvent je ne savais pas de quoi il s’agissait, ni ce que je dirais, ni ce que je ressentirais lorsque l’appel commencerait. Mais j’étais suffisamment proche du fond du gouffre pour avoir plus peur de ne pas appeler mon équipe que de l’appeler. Le prix à payer pour entrer et sortir du marécage était tout simplement trop élevé. Il s’agissait soit de renoncer à tout ce que j’avais défendu dans ma vie, soit de sortir définitivement du marécage.
Je suis toujours en recherche à propos du marécage et je le serai probablement encore pendant un certain temps ! Au moment où j’écris ces lignes, cela fait 8 jours que j’ai appelé quelqu’un de mon équipe, c’est-à-dire 8 jours sans marécage. La vie est différente. L’une des plus grandes surprises a été d’expérimenter un niveau de joie constant que je n’avais jamais ressenti auparavant.
Cela m’a aidé à écrire ces miettes de pain, et c’est aussi une façon de remercier mes teneurs d’espace d’avoir été à mes côtés en partageant la valeur que j’ai reçue. Dans ma culture, la valeur se développe en la partageant ! J’espère qu’une partie de ce que j’ai trouvé pourra être utile à d’autres personnes dépendantes au marécage.
Qu’est-ce que le marécage ?
J’ai été très surpris de constater que mon marécage n’était pas très visible pour les autres. Il m’arrivait souvent d’être à 40 ou 50 % marécageux en arrière-plan, avec toutes sortes d’autocritiques, luttant pour rester en contact avec moi-même et avec les autres, jugeant toutes mes impulsions, et je supposais que tout le monde pouvait le voir. J’ai raconté cela à l’une de mes collègues, qui m’a dit : “Quoi ??? Tu veux dire que tu es dans le marécage en ce moment ? Je pensais que tu étais comme ça quand tu étais endormi”.
De même, une de mes amies a connu des mois très difficiles après la naissance de son premier enfant, elle avait des pensées suicidaires et a appelé sa mère pour lui demander si elle pouvait venir et rester avec elle pendant un certain temps pour la soutenir. Sa mère lui a dit que la chose la plus effrayante à laquelle elle assistait était qu’elle pouvait être dans sa communauté en train de rire, de plaisanter et de parler “normalement”, mais qu’à la maison, le spectacle s’évanouissait.
Ton marécage, et celui des autres, n’est peut-être pas aussi visible pour toi ou pour les autres que tu ne le penses.
Pendant les semaines où j’ai appelé quelqu’un de mon équipe dès que j’ai remarqué que je mettais un pied dans le marécage, il m’arrivait d’appeler sans savoir si j’entrais ou non dans le marécage. Je sentais simplement quelque chose changer dans mon corps, comme de la peur sans savoir pourquoi, ou je sentais que mon énergie s’échappait et que mon visage devenait pâle. Parfois, il n’y avait pas de pensées marécageuses conscientes, sinon je n’aurais pas remarqué ce qui s’était passé et qui avait déclenché le changement. En appelant quelqu’un de toute façon et en abaissant ma barre d’engourdissement aux émotions, je suis devenu beaucoup plus sensible aux changements subtils qui m’indiquaient que j’entrais dans le marécage, et j’ai mieux fait la distinction entre les portes du marécage et d’autres états.
Le marécage est un état. Son intensité peut varier de 1 % à 100 %. Un état est une expérience de nos 5 Corps, comme une empreinte que tu peux ressentir dans chaque corps (mental, émotionnel, énergétique, physique et archétypal). Ton état affecte la réalité que tu crées. Par exemple, il y a des moments où tu as probablement fait l’expérience d’un “état de Flow” où tout semble se mettre en place comme par magie, sans que tu aies besoin de planifier ou de contrôler les choses. Dans un état de marécage, c’est le contraire : tout semble aller de travers, quoi que tu fasses. En développant ta sensibilité à ces états, tu peux y naviguer comme s’il s’agissait d’une pièce de ta maison. Tu as la possibilité de passer devant les pièces dans lesquelles tu ne veux pas entrer et de créer des pièces qui te donnent de l’énergie. Chaque pièce a un point d’origine.
(Lire l’article de Devin pour une description plus détaillée de ce qu’est le marécage) — traduction à venir.
Quel est le point d’origine qui alimente ton marécage ?
J’ai découvert que derrière tous mes différents marécages se cachait une structure principale, qui était une focalisation excessive sur la question suivante : “est-ce que ce que j’offre fonctionne ou ne fonctionne pas ?” La pensée qui sous-tend cette question est la suivante : ma valeur dépend de l’efficacité de ce que j’offre. Ainsi, lorsque mes offres en tant que teneur d’espace ne fonctionnaient pas, j’avais ce marécage en arrière-plan qui me disait que je devais rendre leur argent aux gens, m’excuser d’avoir essayé d’offrir quelque chose que je n’étais pas capable d’offrir, partir et ne plus jamais tenir d’espace.
Lorsque mes offres ne fonctionnent pas dans ma relation, mon marécage me dit “qu’elle serait mieux sans moi, que je devrais arrêter d’essayer pour qu’elle me quitte et trouve quelqu’un d’autre”. Mon point de départ était le suivant : “Je devrais avoir de la valeur depuis le point de vue des autres”.
J’en parlais avec une amie et elle a compris que la partie de sa boîte qui se cachait derrière tous ses marécages était la suivante : “Je dois tout faire seule”, donc chaque fois qu’elle constate que les autres ne sont pas disponibles ou capables de la soutenir, c’est une porte d’entrée dans son marécage.
Lorsque tu es dans le marécage, les histoires et les émotions qui t’animent deviennent beaucoup plus intenses, de sorte que dans mon cas, je croirais vraiment que je ne vaux rien du tout. Dans le cas de mon amie, elle croirait vraiment qu’elle est totalement seule. Et il semble presque impossible de trouver des preuves de l’existence d’une autre histoire sur ce qui se passe réellement.
Proposition à appliquer maintenant :
Change la question sur laquelle tu te concentres.
Par exemple, au lieu de me demander si ce que je fais fonctionne, je me concentre sur la question “qu’est-ce que je veux créer maintenant ?” La question de savoir si cela fonctionne ou non n’a pas d’importance, car je peux essayer des choses, les affiner au fur et à mesure et faire confiance à mes équipes pour obtenir un retour d’information et un accompagnement, au lieu d’essayer de le faire tout, tout seul. En changeant ma question, mon point d’origine passe de “je dois être utile aux autres” à “je crée ce que je veux”.
Ton marécage nuit aussi aux autres
En ce qui concerne les mélodrames, je pensais que mon marécage était relativement inoffensif et qu’il n’affectait pas trop les autres. Je voyais d’autres personnes contrôler, blâmer, se plaindre, avoir des crises de rage, être manipulatrices, être dépendantes de la drogue ou de l’alcool, et je pensais que leurs mélodrames étaient bien pires que les miens. J’avais tort.
Le premier indice que j’ai eu à ce sujet, c’est lorsque j’ai envoyé un message dans l’une de mes équipes, que je pensais être un message de remerciement à l’une de mes coéquipières pour sa clarté. Elle m’avait demandé de quitter l’équipe car je n’étais pas un membre actif. Mais les réactions que j’ai reçues à propos de mon message étaient qu’il s’agissait d’une attaque souterraine secrète contre elle en la présentant comme une figure d’autorité, en la mettant sur un piédestal et en attisant le feu des ressentiments de l’équipe à son égard afin qu’elle puisse être attaquée. J’ai été choquée par ce retour et, en y regardant de plus près, j’ai découvert en moi une haine secrète à son égard parce qu’elle était audacieuse et créait courageusement des choses qui comptaient pour elle dans sa vie, alors que ce n’était pas le cas pour moi. Je pensais que mon marécage autodestructeur n’affectait que moi, mais après ce retour, j’ai vu qu’il avait des répercussions sur toutes les équipes dans lesquelles je travaillais, en fait sur toutes les relations que j’entretenais. En entrant et en sortant constamment du marécage, je donnais à voir à mes enfants cet exemple là de la façon d’être un adulte.
Lors d’un de mes appels de 15 minutes, mon teneur d’espace s’est mis à pleurer en me voyant exprimer ma haine envers moi-même, et j’ai vraiment compris à quel point je faisais du mal aux autres en me faisant du mal à moi-même.
Toucher le fond
J’ai touché le fond en réalisant l’impact de mon marécage sur mes relations. Cela faisait 7 ans que j’entrais et sortais régulièrement du marécage. Il est effrayant de s’en rendre compte. Le temps des excuses est révolu et je dois maintenant changer quelque chose, rapidement. Je sais aussi que me mettre la pression pour changer en “faisant” plus ou en essayant d’être meilleur ne marchera pas. J’ai essayé la technique de la pression tant de fois. Le seul moyen qui me reste est de ressentir toute la peur et la tristesse, la colère et la joie, de vivre dans l’espace terrifiant de ne pas savoir quoi faire, sans en être la victime, ni le glorifier, ni même en faire une histoire. Le fond du gouffre est une navigation permanente vers l’absence d’histoire, vers la reconnaissance de mes conneries : excuses, raisons, explications, mensonges, pensées positives, imaginations fantaisistes, tentatives de dissimuler les choses ou d’être meilleur ou bon ou de faire ce qu’il faut. Ce qui reste, ce sont les émotions et les sentiments bruts, l’inconnu et un profond soulagement de laisser tomber le spectacle.
Un autre aspect du fond du gouffre que j’ai découvert a été la terreur d’organiser des espaces de transformation (mon travail principal), surtout après avoir récemment déménagé dans une ville où je ne connaissais presque personne et où j’ai dû développer mon cercle presque à partir de zéro. Après des mois passés à proposer des ateliers et des coachings et à essayer de prendre de l’élan, je n’arrivais à rien, si ce n’est à m’enfoncer davantage dans un état d’autodestruction et de désespoir.
À un moment donné, il ne restait plus qu’à s’effondrer de désespoir et de chagrin, ce que j’ai fait, à deux reprises. Au cours de deux réunions d’équipe distinctes. Je ne pense pas qu’il y ait de méthode pour toucher le fond. C’est imprévisible, inconnu et impossible à simuler.
La dépendance t’empêche de toucher le fond et le marécage est une dépendance. Deux films illustrent le fait de toucher le fond dans le cadre de la guérison d’une dépendance : Flight avec Denzel Washington et Two for Money avec Al Pacino et Matthew Conaughey : Flight avec Denzel Washington et Two for the Money avec Al Pacino et Matthew Conaughey. Je ne dis pas qu’il faut chercher à faire un aussi grand gâchis qu’eux ! Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire un plus grand bordel que celui que tu es en train de créer, ce qui est important c’est d’être réaliste sur la merde que tu es en train de créer. Dans une scène de Two for the Money, Al Pacino se lève et parle, lors d’une réunion sur la dépendance au jeux, de la joie et de l’extase de n’avoir plus rien après avoir tout perdu au jeux. Il y a une telle joie de Gremlin derrière chaque addiction, et c’est un aspect important qu’il faut prendre en compte.
Proposition, Appliques ceci dès maintenant :
Regardez un de ces films à la fois. Après chaque film, note toutes les façons dont tu t’es créé des distractions, des mensonges, des excuses, des dissimulations, des fantasmes, des raisons et des masques pour éviter d’affronter la réalité de qui tu es vraiment. Partage lentement et clairement ce que tu as trouvé avec ton équipe. Laisses-toi aller à tes propres sentiments.
Le cycle des émotions
L’une des choses que j’ai constatées au cours de mes appels de 15 minutes, c’est que les deux principales émotions que j’exprimais étaient la peur et la tristesse. Cela m’a vraiment aidé de les exprimer ! Au début surtout, il m’a fallu un peu de pratique pour pouvoir exprimer la peur sans entrer dans ma tête et l’expliquer. Cela m’a aidé de dire “Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas….. “autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que d’autres informations me parviennent. Une fois que j’ai pu trembler, pleurer et émettre tous les sons, les choses se sont détendues dans mon espace cardiaque, ce qui signifie qu’au bout d’un quart d’heure, j’étais sorti du marécage.
Après une semaine passée à faire cela chaque fois que je remarquais un début de marécage, l’un des membres de mon équipe m’a appris à naviguer vers la colère et la joie, ce qui a changé la donne.
L’expression de la colère a provoqué un mouvement vers l’extérieur dans mon système qui m’a permis de me mettre en mouvement, alors que la tristesse et la peur auraient eu tendance à me faire tourner en rond à l’intérieur.
Exprimer sa joie était difficile et effrayant. C’est là que j’ai trouvé la partie d’extase du Gremlin — la joie inconsciente de savoir que je blesse les autres quand je me blesse moi-même, et que je détruis la confiance précieuse et la magie dans les relations. L’extase continuait ; si les gens quittaient la relation, je me torturais en imaginant qu’ils avaient une meilleure vie sans moi, ce qui renforçait encore la haine de moi et l’obsession de moi-même.
Après avoir exprimé cette joie inconsciente et avoir été confronté à l’intention obscur de mon marécage, je me suis effondré en pleurs. Après cela, il m’a été beaucoup plus difficile d’entrer à nouveau dans le marécage, je dirais que cela a été l’un de mes principaux tournants.
La pratique de l’expérience de la joie inconsciente est enseignée au cours du chapitre zéro de la transformation du gremlin, dans le cadre du travail sur l’extase du gremlin.
Applique-le dès maintenant :
Parcoure le cycle complet des émotions avec un teneur d’espace. Commence par l’émotion du dessus et continue jusqu’à ce que tu puisses exprimer authentiquement les quatre émotions : la peur, la tristesse, la colère et la joie. Lâche toute idée sur la nature de ces sentiments, en particulier l’idée que la joie sera positive.
Ton marécage n’est pas ta vérité
Il est facile de tomber dans le piège suivant : lorsque quelqu’un te demande comment tu vas, tu penses que lui parler du marécage dans lequel tu te trouves équivaut à lui dire “ ta vérité “.
Comment le marais pourrait-il être la vérité ? Lorsque tu es dans le marais, tu es dans le marais, c’est vrai, mais est-ce que cela fait de tes histoires et de tes émotions dans le marais des histoires vraies ? Bien sûr que non. Ce ne sont que des histoires que tu inventes à propos de ce qui se passe.
Le fait d’en parler comme s’il s’agissait de ta vérité ne fait que t’enfoncer davantage dans le monde de l’histoire.
J’ai découvert à mes dépens l’impact que peut avoir sur une relation le fait de partager de façon répétitive des informations provenant du marais. Une autre possibilité est de dire que le marécage existe et à quelle intensité, puis de ne pas le laisser prendre de la place dans tes précieuses relations. Fais ton travail d’écriture. Crée autour de toi une équipe de personnes avec lesquelles tu pourrais passer des appels de 15 minutes pour dévoiler tes sentiments. Fais de la recherche. Nomme chaque marécage. Trouve les circonstances exactes qui l’ont déclenché. Sortir consciemment de son marécage demande de l’entraînement.
Quand tu es dans le marais, détends-toi.
Tu te souviens de la scène du premier film d’Harry Potter où ils sont coincés dans les lianes ? Les lianes deviennent de plus en plus serrées au fur et à mesure que tu te débats, jusqu’à ce qu’elles t’étranglent à mort. Mais pour s’en sortir, il suffit de se détendre totalement, puis de se laisser tomber dans la pièce du dessous.
C’est exactement comme cela qu’il faut aborder un marécage quand on y est.
Détends-toi. Respire. Regarde autour de toi. Sens. Observe. Navigue vers un petit ‘ici et maintenant’. Fais les exercices décrits dans l’article de Devin et dans celui-ci. Et à un moment donné, tu passeras à travers.
Devin écrit dans son article : “Même si tu ne peux le faire qu’avec 5 % de ta présence, c’est déjà suffisant pour commencer”.
La vie est une rivière
Un de mes amis m’a raconté une histoire qui remonte à l’époque où il faisait du kayak en eaux vives. Il avait demandé à un expert en kayak : “Quel est le meilleur geste à adopter lorsque je me retrouve coincé par la rivière contre un mur ?”
La réponse a été la suivante : “il n’y a pas de meilleur geste à adopter, les meilleurs gestes sont ceux que l’on réalise avant de se faire épingler — il faut savoir reconnaître les murs et ne pas s’y aventurer”.
Il en va de même pour la navigation dans le marécage : il faut d’abord savoir à quoi ressemblent les “murs” ou les marécages. Dès que tu en vois un arriver, tu reconnais les circonstances qui en sont à l’origine, puis tu prends les mesures nécessaires pour l’éviter. Si tu n’es pas suffisamment conscient de ce à quoi ressemblent les marécages et de ce que tu ressens, alors tu y seras avant d’avoir une chance de naviguer dans les marécages.
En tant qu’accro aux marécages, il te semblera normal d’entrer et de sortir des marécages, peut-être même tous les jours. Cela te semblera tellement normal que tu te diras que la vie est ainsi faite. Ton caractère marécageux est invisible pour toi. Tu oublies que la vie est en fait une rivière ! Dans la rivière, les forces de la vie sont avec toi. C’est la course la plus aventureuse de la planète !
Proposition, applique ceci dès maintenant :
Chaque fois que tu t’aperçois que tu es dans un marécage, remonte jusqu’au moment exact où il a commencé et identifie ce qui s’est passé. Il est utile d’être aussi précis que possible sur ce qui déclenche ton marécage. Par exemple, si certains souvenirs déclenchent ton marécage, quels sont ces souvenirs ? Y a-t-il quelque chose qui déclenche ces souvenirs ? Même si ce marécage est un bruit de fond constant dans ta vie, il y aura des circonstances qui le rendront plus fort, et le fait de les identifier t’aidera à construire un fossé entre toi et le marécage.
Conseil : “Se sentir seul” n’est pas un point d’entrée dans le marécage. Il s’agit déjà d’une des phrases du marécage dans ton esprit : “Je suis seul” + les émotions qui l’accompagnent. Le point de départ peut être lorsque tu es seul chez toi et que personne ne te contacte, par exemple. Le point d’entrée est ce qui se passe avant que tu n’en fasses une histoire.
Trouver les peurs inconscientes
Voici quelques exemples de peurs inconscientes qui peuvent se cacher derrière ton marécage.
Peur de :
de ne pas savoir quoi faire
d’être jugé
de donner l’impression d’essayer de convaincre les autres de quoi que ce soit
d’essayer quelque chose qui ne fonctionne pas et d’être perçu comme un échec
d’être inutile / de dire des choses inutiles / d’avoir des contributions inutiles
Proposition, Applique ceci maintenant :
Découvre les peurs inconscientes qui sont liées à ton marécage et note-les. Trouve un partenaire et entraîne-toi à faire exprès les choses dont tu as peur. Par exemple, si tu as peur de dire des choses inutiles, dis volontairement des choses inutiles ! Si tu as peur d’être jugé, essaie de faire des choses pour lesquelles tu seras jugé ! C’est très amusant.
Cette pratique t’aidera à transformer les portes de tes marécages en portes de la découverte.
Les besoins insatisfaits de l’enfance et ton marécage
Tout comme un jeune arbre a besoin d’un abri contre le vent, d’un sol nutritif, de chaleur et de soleil, l’enfant humain a lui aussi cinq besoins fondamentaux : le besoin de certitude, d’incertitude, de reconnaissance, d’amour et d’appartenance. Ces besoins peuvent être satisfaits par la connaissance :
qu’il est physiquement en sécurité et qu’il peut compter sur quelqu’un (sécurité),
qu’il peut découvrir et apprendre des choses nouvelles et inconnues (aventure)
Qu’ils sont remarqués et écoutés (reconnaissance),
Ils peuvent être aimés indépendamment de leur comportement ou de leurs sentiments (amour),
qu’ils appartiennent à quelque chose de plus grand qu’eux, comme la terre ou une Culture Archane saine (appartenance).
Une définition utile de la dépendance est qu’il s’agit d’un modèle de comportement qui répond simultanément à au moins trois des besoins de l’enfance (définition d’Ana Norambuena).
En réalité, presque personne n’a vu tous ses besoins d’enfance satisfaits, ce qui signifie que ta boîte est restée cristallisée en mode de survie, sans être préparée au passage au mode expansif qui accompagne l’initiation authentique à l’âge adulte. Tes stratégies de survie familières répondent maintenant à ces besoins non satisfaits de manière non linéaire. Par exemple, le fait d’être dépendant du marécage est souvent une question de moi, moi, moi (reconnaissance), c’est un état sûr dans lequel tu ne peux pas prendre de risques (sécurité), et peut-être que tu as d’autres amis avec des marécages similaires avec lesquels tu peux partager ta misère (appartenance), ou ton schéma de gestion du marécage est de fuir et de partir à l’aventure en laissant ta famille derrière toi pour nettoyer tes dégâts (aventure), ou tu as un sauveteur dans ta vie qui te console quand tu es au plus bas (amour). Cependant, à l’âge adulte, les gens ont tendance à être repoussés par ton besoin, te laissant dans un état désespéré où tu as besoin de quelque chose de l’extérieur et où tu ne sais pas quoi faire. Pour vivre une vie d’adulte initié, tu dois cesser d’être l’esclave des besoins de ton enfance.
Proposition, applicable dès à présent :
Quels sont les principaux besoins que tu essaies de satisfaire en entrant dans ton marécage ? Comment pourrais-tu faire l’expérience de satisfaire ces besoins de manière consciente ? par exemple :
Demande à un partenaire de représenter ta mère et laisse ta part d’enfant en manque lui parler sans filtre. Dis-lui que tu as besoin de plus de temps proche de ses seins, que tu as besoin de plus d’amour, de plus de toucher, de plus de plus de plus… Puis, une autre fois, fais la même chose avec ton père. Après chaque séance, demande à ton partenaire de te prendre dans ses bras pendant 20 minutes.
Fais une étreinte (holdings) de 20 minutes chaque semaine pendant 3 mois.
Demande à ton équipe si elle peut rester avec toi pendant 10 minutes pendant que tu es au centre de l’attention et que tu te vantes, que tu leur dis ce qui est si bien chez toi, que tu parles, que tu danses, que tu fais tout ce que tu veux qu’on te voit faire.
Invente ta propre façon de répondre à un besoin que tu sens incomplet.
La dernière étape n’est possible qu’après avoir exprimé authentiquement ton besoin, comme tu l’as fait dans les expériences ci-dessus.
Maintenant, lorsque tu remarques la force d’un besoin d’enfance qui remonte à la surface, dis-toi : “mon enfance est terminée, ce besoin ne sera jamais satisfait”. Et passe à autre chose, laisse ce besoin non satisfait dans le passé.
Il y a beaucoup d’arbres qui ont grandi dans des conditions terribles, mais qui sont devenus adultes malgré tout, et qui sont beaux dans leur présence noueuse et balayée par le vent. Il en va de même pour les êtres humains. Si tu lis ceci, c’est que tu as survécu à ton enfance. Il est tout à fait possible de laisser dans le passé les besoins non satisfaits de ton enfance, afin qu’ils n’influencent pas tes actions et tes comportements dans le présent. Le fait de laisser tes besoins dans le passé est un acte qui crée ta propre sécurité, ton aventure, ton appartenance, ta reconnaissance et ton amour, de l’intérieur vers l’extérieur, dans le petit ‘ici et maintenant’, en tant qu’adulte.
Tu as été conçu pour naviguer sur le fleuve de la vie.
Une partie des compétences requises pour devenir un arpenteur de rivières compétent est de sentir les marécages à un kilomètre et de naviguer avec élégance pour rester en contact avec les eaux vivantes, plutôt que de s’enliser dans les marécages nauséabonds des mondes infernaux. Puisse cette recherche te servir dans ton voyage vers la rivière de la vie que ton cœur sait être possible.
Article original de Tristan Girdwood : https://medium.com/@tristangirdwood/breaking-swamp-addiction-d4a2abbcd43c
Traduit par de l’anglais par Gabriel Lechemin.



